Le nouveau gouvernement israélien veut enterrer l’Etat palestinien. Gilad Erdan, le ministre de l’Environnement et un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ne fait plus dans la dentelle.
Au président américain Barack Obama qui affirme pour la énième fois son soutien ferme à la «création deux Etats, Israël et la Palestine, cohabitant dans la paix et la sécurité, cette solution est cruciale et « le statu quo (...) intenable », il répond par un Israël ne prend pas ses ordres auprès du président Obama et agit en fonction de ses intérêts. « En votant pour Benjamin Netanyahu, les citoyens israéliens ont décidé de ne pas devenir le 51e Etat des Etats-Unis » dit-il dans un discours à la Knesset prenant le soin de saluer au passage son collègue des Affaires étrangères Avigdor Lieberman qui considère que l’état hébreu n’est pas lié au processus de paix mis en place à Annapolis, le 27 novembre 2007. C’est clair : « Israël n’est plus un partenaire de paix ». Ce n’est plus Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne ou Bachar El-Assad, le président syrien, ou un autre dirigeant arabe qui le disent mais Tzipi Livni, l’ancienne ministre des Affaires étrangères. Elle reconnaît cette « réalité » après les déclarations des membres de l’exécutif de Netanyahu jetant, l’une après l’autre aux orties le processus de négociations avec les Palestiniens. Pour faire semblant, Netanyahu qui refuse d’endosser même l’idée de la création d’un Etat palestinien, se raccroche avec son staff à la « feuille de route ». Mise en place par le Quartet - Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU - en 2003 ce plan devait aboutir à la création de l’Etat palestinien à la fin de l’année… 2005 ! Une feuille de route qui semble s’inscrire dans la lignée des accords d’Oslo. Seize ans après le gouvernement israélien autorise le développement des implantations de colonies sauvages pour déconnecter les cantons palestiniens, destine le processus d’Annapolis à un enterrement, oppose une fin de non recevoir à l’initiative de paix arabe adoptée au sommet de Beyrouth, en mars 2002 et semble se préparer à rendre caduque la « feuille de route » qu’il accepte du bout des lèvres.
Les Etats-Unis et l’Union européenne qui ont puni les Palestiniens pour avoir voté en faveur du Hamas, le 25 janvier 2006 en leur imposant un embargo vont-ils réagir pour sanctionner les Israéliens avant que le Proche-Orient ne s’enflamme à nouveau ? Mahmoud Abbas, les a mis 1er avril, face à leurs responsabilités, en leur demandant de faire pression sur le gouvernement israélien. Obama refuse de lâcher prise. Il se rendra Israël et en Cisjordanie au début du mois de juin pour rappeler aux parties concernées ce qu’elles « ont convenu d’atteindre dans la Feuille de route et à Annapolis». Son envoyé spécial, George Mitchell y sera la semaine prochaine. Le président russe, Dmitri Medvedev, l’autre membre du Quartet promet son soutien à la création d’un Etat palestinien et à l’organisation d’une conférence internationale sur le Proche-Orient à Moscou. Tony Blair, l’envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient rappelle qu’une solution à deux Etats est incontournable. Le roi Abdallah de Jordanie appelle l’Europe à faire pression pour une reprise des négociations de paix. Il invite les Israéliens à saisir l’«opportunité inégalable» de l’initiative de paix arabe afin s’intégrer dans la région. Faute de quoi, dit-il, l’Etat juif continuera à traiter séparément avec ses voisins dans un « état d’esprit de forteresse». Hosni Moubarak, le président égyptien, invite le Premier ministre israélien à se rendre en Egypte «dans un avenir proche» pour approfondir et élargir la paix afin de repousser les menaces qui pèsent sur elle.