Non
loin de la résidence du Président-candidat Bouteflika, l’école où il
vote. Avant l’heure de l’ouverture du bureau, ça grouille déjà. Le
dispositif est en place. Des journalistes, des photographes et des
services de sécurité occupent les lieux. Dans la salle prévue pour le
vote du président, les photographes ont pris position.
À un peu
plus de 9 h, arrive alors le candidat Bouteflika pour accomplir son
devoir. Accompagné de ses deux neveux et de son frère, comme à son
habitude, il se sacrifie au rituel de la photo. Rafale de clics et de
flashes. Il ne fera aucune déclaration. Juste des sourires pour la
photo et la circonstance.
Commence alors la longue attente, le
clou de l’enjeu de cette élection, de l’évolution du taux de
participation. Car la bataille et le défi des candidats étaient de
renverser la tendance progressive du taux d’abstention de ces dernières
années. Encore plus pour le candidat Bouteflika qui a mis toute son
énergie dans le contact direct avec les citoyens à travers ses sorties
dans 31 wilayas. Fraîcheur et timidité du taux du début de matinée ont
créé une atmosphère de hantise. Au siège de la direction de campagne de
Bouteflika, c’est le calme. Calme froid que perturbent des journalistes
et photographes toujours à l’affût de la moindre information, la
moindre photo. Va-et-vient dans les couloirs, attente absurde de
coincer un membre de la direction.
Tout le monde est occupé. Les
chiffres (non confirmés) montent à la vitesse d’un escargot. Jusqu’au
moment où le ministre de l’Intérieur annonce le premier taux partiel. À
la direction de la communication, c’est quasiment la même atmosphère.
Peu de monde. Beaucoup de coups de téléphone. On commente le
déroulement du scrutin, on extrapole… on parle pour occuper le temps,
le temps qui reste pour la fermeture des bureaux de vote.
Des
incidents ont émaillé le scrutin à Bouira ! On n’en tient pas trop
compte. Actes isolés dans l’immense élan de participation que
rapportent avec précision les médias, surtout les agences.
Malgré
cette curiosité à la limite de la frénésie de connaître les chiffres,
il n’y avait pas vraiment un goût de suspense. Encore moins après
l’annonce d’un autre taux partiel qui avoisinait déjà les 50%. Grande
bouffée de soulagement. Une part du pari est gagnée.
Les membres
de la direction de campagne se sont investis dans la délicate mission
de convaincre une majorité d’électeurs. Ils ont mis tous les moyens.
Les moyens de communication particulièrement. Journaux, radios,
télévision et Internet. Le site officiel de Bouteflika été
régulièrement alimenté ainsi que de nombreux jeunes sympathisants qui
ont, tout au long de la campagne, été de tous les débats et forums sur
la toile. Vers 17 h, le cap des 60% est dépassé. Pour autant, on reste
encore dans l’attente. “Ce n’est pas encore la fin. Bien des choses
restent à faire”, nous a confié M. Bouchouareb, soulagé, constamment
“harcelé” au téléphone par des individus en quête de la moindre
information. Malgré la fatigue de la campagne, le directeur de la
communication de la campagne de Bouteflika affiche sa disponibilité à
toute sollicitation. C’est d’ailleurs au siège de la Communication que
convergent les journalistes et les photographes devenus des habitués
des lieux.
L’attente se poursuit jusqu’à l’annonce enfin du taux définitif de participation.







